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Jean-Paul HOSOTTE CTN Course d’Orientation : une activité en construction

Article Regards d’experts 10/09/2012

Quelles sont tes missions en tant que CTS ?
Promotion 96 du professorat de sport, je suis rentré directement dans une commission de l’IOF (International Orienteering Federation) pour lancer la CO à VTT ( création et rédaction du règlement international et lancement du premier championnat du monde en 2002). En 99, je prends les « rennes » de l’équipe de France de CO à VTT et ce jusqu’en 2004. En 2003, je suis sollicité pour faire l’intérim de l’entraîneur national Michel Gueorgiou qui part en retraite ; cet intérim durera jusqu’en 2007. L’encadrement du haut niveau à cette époque, c’était de a à z : préparation des stages, réservation des vols, des locations, préparation des entrainements, mise en place des balises, réunions techniques. Beaucoup trop de choses pour faire un véritable coaching.
En 2006, nous embauchons un coach étranger (norvégien), puis un logisticien, puis un poseur de balises ; l’encadrement devenu pléthorique, mon intérim se termina ! Je reste toujours à proximité du haut niveau, en organisant chaque année 2 regroupements sur l’Auvergne. Un pour faire des sélections, l’autre étant destiné à présenter la saison avec les équipes juniors et seniors (cette année prévu le 24 et 25 novembre). Je gère et collecte également l’ensemble des résultats annuels. Cette année, j’ai participé à la communication fédérale sur les EYOC (Championnats d’Europe des Jeunes) et WOC (Championnats du monde)
Une de mes missions est également la formation dans le cursus fédéral. C’est donc tout naturellement que des sollicitations telles que la mise en place de la CO dans le CAPEPS (Certificat d’Aptitude au Professorat d’Education Physique et Sportive) à Vichy m’incombe ; et également l’ensemble des formations ou examens où il y a présence de la CO.
Globalement la CO est encore très largement méconnue en France et donc une grosse partie de mes missions est son développement. Soutien à des manifestations, communication, animations….
Peux-tu nous présenter le comité régional en chiffre ?
Le comité régional est un très petit comité : Une centaine de personnes passionnées.
Historiquement piloté au début par des militaires (d’Issoire, Clermont ou de l’école de gendarmerie de Montluçon), nous conservons de cette époque le lancement de la cartographie, les premières grandes organisations tel le championnat de France à Aydat en 81. Un de nos premiers présidents de ligue, le général Durieux fut en 2011 président du comité d’organisation des championnats du monde de Chambéry/La Feclaz. De cette époque, il ne reste que quelques gendarmes actifs voire de bon niveau ; le savoir faire des dirigeants a permis d’organiser bon an, mal an une compétition fédérale (championnats de France ou coupe de France). Le sommet de leur expertise, soutenue par la fédération fut en octobre 2006 l’organisation de la finale de la coupe du Monde entre Aydat et Volvic (4 permanents tout au long de cette année phare). La présidente du comité d’organisation est toujours la présidente du comité. Une ETR (Equipe Technique Régionale) existe, rassemblant les diverses compétences : cartographie, traçage, organisation…Nous conservons une employée BEES 1er degré de CO.
Bien que nous soyons toujours une annexe du pôle France de Saint-Etienne, il n’existe pas encore de véritable groupe ligue d’entraînement tourné vers la performance. Cependant, d’un sport de loisir et touristique, nous sommes en train d’évoluer vers une demande accrue de situations d’entraînement, de stages, d’organisation de déplacements vers des compétitions lointaines ( Scandinavie par exemple).

Quels sont les rôles respectifs de la fédération et du comité d’auvergne dans la définition de ces missions ?
Une des mes missions auprès de la ligue est le soutien lors de sollicitations nationales (telle l’Oxygène challenge dans le Cantal ; ou l’Education Nationale pour le Capeps). Accueil du haut niveau étranger ou national.
Etant peu nombreux à disposition de la FFCO, nous n’avons maintenant plus que des missions nationales. Nous continuons d’agir à titre bénévole, dans nos différents clubs, ou à la ligue, toujours dans le sens du développement ou de l’aide à l’organisation (les compétitions de CO sont toujours en effet aussi techniques et compliquées à mettre en place)

Quelles sont tes priorités en tant que CTS ?
Faire reconnaitre l’extraordinaire haut niveau de nos équipes de France ( 30 titres de champion du monde dont 10 pour Thierry Gueorgiou considéré comme le meilleur orienteur au monde ; 150 podiums mondiaux)
Continuer à développer ou à former, pour mieux pratiquer. Même si l’avènement des GPS pourrait laisser croire à une meilleure orientation pour le public lambda, le déplacement en milieu « sauvage », notamment en forêt et hors sentier reste une problématique. C’est une pratique sportive qu’on peut faire progresser en pratiquant régulièrement…le sens de l’orientation n’étant pas inné !

Quels sont les freins ?
Les ressources humaines sont limitées ; l’ambition de donner un éclairage médiatique chaque année avec une grande épreuve fédérale a fait son temps.
Le côté « chronophage » de notre activité : nous construisons notre stade à chaque compétition, à chaque entraînement. Quant Thierry Gueorgiou vient en stage chez nous, il me faut au minimum de 4 à 5 fois plus du temps de course pour préparer parfaitement le parcours (reconnaissance, traçage, informatique, édition du document cartographie, pose des balises en foret)
Le niveau d’expertise nécessaire pour utiliser nos parcours atypiques : les « Cheires », territoires au passé volcanique sont reconnues comme les terrains les plus techniques au monde. Je pense qu’à l’apprentissage, c’est aussi un frein.
Le turn over dans les sports de nature fait que nos licenciés zappent en fonction aussi des calendriers voire des modes : des raids multisports où la présence d’une orienteur est quasi obligatoire (absence de balisage) aux trails running actuels….

Quelles satisfactions le comité régional peut espérer à moyen terme ?
Continuer à former des techniciens capables d’accueillir, d’organiser ou d’entraîner ; de pérenniser l’emploi ligue nécessaire (nombreuses sollicitations de cartographie, de parcours permanents, d’animation).
Espérer créer d’autres clubs sur les 4 départements (Haute Loire, Cantal, Allier et 63)
Valoriser l’utilisation de nos structures permanentes : un petit chalet à Aydat et une salle avec sanitaires à l’ancienne école de Mazaye.

Quel réseau dois-tu mobiliser pour faire avancer les choses ? Avez-vous des partenaires incontournables qui vous soutiennent ?
Les nombreux parcours permanents (environ 2000 balises permanents disséminées sur une centaine de cartes) sont un moyen de « rentrer » dans notre activité sportive nature. Les différents Offices du Tourisme sont donc un des appuis, sans oublier les financeurs qui ont cru dès le début à notre sport : les différentes collectivités territoriales telles que les communautés de communes, où se situent les forêts et autres terrains de pratique, sans oublier les départements et la région.
Un partenaire privé comme Volvic a même accepté la création d’un parcours permanent sur sa propriété.
Cependant nous nous heurtons souvent aux retours des autorisations des différents propriétaires (Office National des Forêts, Syndicat Mixte de Gestion Forestière, sectionnaux ou privés). L’ONF, le Parc Régional restent des partenaires pédagogiques. Ensuite, il faut partager cet espace de pratique avec les autres usagers , et les chasseurs ne sont pas faciles (négociations, échange de calendriers, anticipation sur nos organisations)
Un élément clef est l’apparition que nous pouvons faire régulièrement dans la presse locale pour montrer qu’on existe !