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Grégory PAPARIC C.T.S TENNIS : La réforme fédéral des moins de 12 ans

Article Regards d’experts 4/01/2014

Pouvez-vous vous présenter ?
En poste sur la Région Auvergne depuis septembre 2012 en remplacement de Jacques PIQUET, j’exerce cette responsabilité de cadre technique depuis 2000. Auvergnat de naissance, joueur et enseignant de tennis, je n’étais pas destiné à devenir CTS puisque mes études devaient m’orienter vers l’éducation nationale et professeur de mathématiques. Mais des concours de circonstances et des rencontres heureuses à la fois dans le monde universitaire, le monde fédéral et le tissu associatif auvergnat m’ont fait bifurquer vers ma passion qu’était le tennis. L’obtention du concours du professorat de sport m’a d’abord éloigné de l’Auvergne et j’ai exercé mon 1er poste sur la région Bourgogne où ma responsabilité était limitée au département de la Côte d’Or. Au bout de 3 ans, j’ai décidé de voler vers d’autres horizons et j’ai muté vers l’Aquitaine où j’ai été placé auprès de la Ligue de Guyenne (Gironde/Lot et Garonne/Dordogne). Pendant presque dix années, j’ai exercé ce métier avec plusieurs missions transversales dans une équipe composée de plusieurs CTS. Enfin, l’envie de revenir à mes sources a été plus forte et la volonté d’embarquer toute sa petite famille a eu raison et après concertation avec la DTN, j’ai accepté un poste de CTR coordonnateur dans cette équipe auvergnate.

Pouvez-vous nous présenter la Fédération Française de Tennis auprès de laquelle vous êtes placé ?
Avec un peu plus d’un 1 100 000 licenciés, la FFT est la 1ère fédération concernant un sport olympique individuel. Avec ce nombre qui se maintient depuis 6 ans, elle avait atteint un pic de licenciés en 1986 avec pratiquement 1400000 licenciés. Aujourd’hui, elle comporte 47,6% d’adultes pour 52,4% de jeunes moins de 18 ans, tendance au rajeunissement de nos licenciés qui s’est inversée depuis 2005. Elle a plus de 70% de licenciés hommes, pourcentage qui s’accentue d’année en année malgré les opérations fédérales tournées autour du public féminin. Avec plus de 8 000 clubs répartis de façon aléatoire suivant les régions et avec plus de 32 000 terrains, elle possède ainsi un maillon territorial relativement important même si la tendance est à la mutualisation. Avec 12 500 tournois organisés et plus de 40 0000 compétiteurs, la FFT essaye de plus en plus de fidéliser ces différents publics.
En ce qui concerne le haut niveau national, nous restons sur 2 médailles olympiques aux JO de Londres 2012 en doubles messieurs (argent pour TSONGA/LLODRA et bronze GASQUET/BENNETEAU) et 3 aux Jeux Paralympiques de Londres 2012 (argent pour CATTANEO/PEIFER en double et HOUDET en simple, bronze pour JEREMIASZ/HOUDET). Sans oublier la victoire à Wimbledon 2013 de notre auvergnate de naissance Marion BARTOLI. Nous avons actuellement 11 joueurs dans le TOP 100 mondial et 27 dans le TOP 300 mondial. Chez les filles, c’est un peu plus dur avec seulement 5 filles dans le Top 100 et 17 dans le Top 300.

Quelles sont vos missions en tant que CTS ?
Ma mission principale actuelle est la coordination de l’Equipe Technique de Ligue (E.T.R) et de mener au mieux le projet sportif de la Ligue d’Auvergne de Tennis et ses actions prioritaires, en accord avec le projet de développement régional et les directives techniques nationales. Ma responsabilité est de mener au mieux toutes les orientations sportives chez nos jeunes ayant moins de 13 ans, allant de la détection, du suivi de l’élite régionale à l’accompagnement et l’organisation de la compétition. Je suis également responsable de la formation continue des enseignants de la Ligue et participe à la formation initiale du DE et du C.Q.P A.M.T dans le cadre du Centre de formation de la Ligue d’Auvergne de Tennis. J’ai ensuite plusieurs missions d’appui comme le suivi des plus de 14 ans, le suivi de nos programmes fédéraux et régionaux d’aides aux clubs, la participation à la politique régionale de développement de la Ligue d’Auvergne (tennis scolaire, tennis handicap,…).

Pouvez-vous présenter la Ligue d’Auvergne de Tennis en quelques chiffres ?La Ligue d’Auvergne de Tennis, c’est aujourd’hui 4 comités départementaux (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme) avec plus de 21 000 licenciés, ce qui nous place 25ème ligue sur 36. A la différence des statistiques fédérales, nous enregistrons plus d’adules licenciés que de jeunes moins de 18 ans (52% contre 48%) et nous avons des pourcentages de femmes (33%) et de compétiteurs (47%) plus élevés que la moyenne nationale. Par contre, notre ratio licenciés/population est plus faible que la moyenne nationale enregistrée (1,53 contre 1,73). Nous possédons 240 clubs avec une moyenne de 87 licenciés (moyenne FFT : 134) ce qui montre que nous avons une majorité de petites structures (42% de nos clubs ont moins de 50 licenciés contre 32% en France). Nous avons un peu moins de 800 courts enregistrés ce qui nous donne une moyenne de 27 licenciés par court de tennis. De plus, nous disposons de 140 courts couverts ce qui nous donne une moyenne de plus de 150 licenciés par court couvert (plus que la moyenne FFT).

Quels sont les rôles respectifs de la FFT et de la Ligue d’Auvergne de Tennis ? :
La FFT remplit un certain nombre de rôles dans la contribution du rayonnement national voire international de notre discipline. Je ne les citerai pas tous tant ils sont nombreux entre la DTN, la Direction des Activités Fédérales et les autres grandes directions de la FFT. Par contre, ce qui très important est bien de comprendre qu’aujourd’hui encore le Tournoi du Grand Chelem de Roland Garros est entièrement organisé par la FFT (un des évènements sportifs français les plus importants) ce qui permet la gestion et le maillage incroyable en termes de moyens financiers, humains et structurels de ses organismes déconcentrés (Ligues et Comités départementaux). Et même si actuellement tout se complique avec l’extension et la modernisation du Stade de Roland Garros, les négociations sur les contrats télévisuels de l’évènement et la revendication du « prize-money » pour les joueurs professionnels, la FFT revendique cette particularité et cette singularité.
La Ligue d’Auvergne de tennis a plusieurs missions mais celle qui la caractérise depuis plusieurs années est son soutien sans faille pour la meilleure structuration de ses clubs avec la mise en place d’un projet Clubs Filières. Aujourd’hui, la Ligue poursuit cette démarche mais avec une baisse des licenciés et un taux de fidélisation pas assez recevable, elle a décidé de créer un Conseil Régional de Développement. Parallèlement aux problématiques d’emploi et de formation, elle est devenu Centre Régional de formation ayant comme responsabilité la formation initiale et continue des différents acteurs du tennis (enseignants, arbitres, bénévoles). Aussi, elle rayonne sur l’échiquier national avec l’organisation de plusieurs évènements sportifs comme notamment le Tournoi GDF SUEZ WTA et l’aide et la participation à de nombreux tournois internationaux et nationaux (Tournoi ITF 17/18 ans au Stade Clermontois en passant par les championnats de France de Tennis Adapté).

Quelles sont vos priorités en tant que CTS ?Pour la prochaine olympiade, le grand enjeu est de mettre en place dans tous les clubs de la Ligue d’Auvergne la réforme fédérale des moins de 12 ans. La FFT est partie de 4 constats édifiants qui sont la trop importante disparité des mois de naissance dans les détections et les sélections de nos jeunes (trop souvent nés au 1er semestre voire 1er trimestre), le nombre très faible de compétiteurs chez les moins de 12 ans, les effets néfastes de notre système fédéral de classement et la preuve que précocité de résultat ne rime pas avec réussite au plus haut niveau. Pour cela, deux grands objectifs bien distincts mais en corrélation directe s’imposent : mettre en place la nouvelle Ecole de Tennis basée sur des niveaux de compétences pédagogiques bien définis et plus en relation avec l’enfant et le jeu et proposer des compétitions par âge réel et par niveau. Les moyens innovants vont être l’application de l’âge réel de l’enfant dans toutes les compétitions homologuées moins de 11 ans révolus, la mise en place de nouveaux formats de jeu homologuées (terrain, balles et comptage), la mise en place de compétitions pédagogiques en lien avec les compétences des élèves, la mise en place de Journées Jeu et Match dans toutes les écoles de Tennis suivant un programme et un calendrier fédéral, la mise en œuvre d’une nouvelle hiérarchisation des enfants qui ne seront pas classés avant leur 11 ans révolus. Par rapport à toute cette réforme, toutes les actions de détection, de sélection, de suivi des clubs, de développement de la pratique, de l’offre et l’organisation de nouvelles formes compétitives vont être automatiquement impactées et devront avoir mon entière contribution.
De plus, la Ligue d’Auvergne étant devenu Centre de Formation, je suis devenu responsable de la formation continue des enseignants professionnels de tennis.
Mais avec tout cela, il ne faudra pas non plus oublier mon implication dans le P.E.S, les entraînements et les stages de l’Elite Régionale, l’accompagnement en compétitions.

Quelles satisfactions la Ligue d’Auvergne peut espérer à moyen terme ?
Que le tennis rayonne toujours autant au niveau régional en termes d’organisation d’évènements sportifs, de résultats individuels et par équipes avec ses clubs, que le nombre de licenciés augmentent et que notre sport soit un vecteur de fidélisation. Nous sommes pour ma part entrés dans une période transitoire mais extrêmement importante pour l’avenir de notre sport où les enjeux vont être multiples avec notamment une nouvelle façon de voir l’organisation pédagogique de nos clubs, une nouvelle façon de faire en ce qui concerne l’offre de compétitions.
Quels sont les aspects positifs et les aspects négatifs de votre métier ?
L’aspect positif numéro 1 de ce métier est de travailler dans un environnement de passion qui évolue sans arrêt et qui cherche constamment à progresser. L’autonomie, la prise d’initiative et la démarche de projets sont aussi des atouts non négligeables.
Par contre, le partage, le changement et le résultat ne sont pas toujours culturellement acceptés par tous. Parfois, comme on le dit souvent, on « rame » contre vents et marées et pourtant tout pourrait paraître si simple. De plus, nos missions très transversales se multiplient et nous permettent pas toujours d’aller au bout des choses, ce qui est parfois dommage.