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Nicolas SAUERBREY C.T.S Volley-ball : la formation des jeunes !

Article Regards d’experts 5/11/2013

Pouvez-vous vous présenter ?
Auvergnat d’adoption, j’ai fait mes classes en Lorraine. Féru de football, comme tout garçon, j’ai découvert le volley-ball à l’entrée au collège, et ce sport ne m’a plus quitté depuis. Première licence à Metz puis Nancy. Carrière de joueur assez modeste, j’ai eu la chance de côtoyer très tôt de très bons entraîneurs et formateurs qui m’ont donné la passion de l’entraînement et de la formation des jeunes. Les missions d’entraînement ont donc très rapidement pris le pas sur l’envie de jouer.
Dès la première année à la tête d’une équipe de cadettes, en 1986, cette équipe décroche son premier titre de championnes de Lorraine, au nez et à la barbe des grosses écuries de la région. Les choses vont ensuite s’enchaîner, entraîneur des sélections benjamines de Moselle, puis des minimes de Lorraine, et de la sélection cadette Lorraine, en même temps qu’un emploi du temps bien chargé, l’ASPTT Nancy la semaine et les études à l’UFR STAPS. Vice-champion de France la même année avec les minimes et cadettes de Nancy et champion de Lorraine tous les ans sur ces catégories de 1987 à 1993, vice-champion de France universitaire, champion de France militaire en 1993.
Dès la fin du service militaire, après une année plus consacrée à l’entraînement qu’aux études, la fédération me contacte pour me proposer un poste de CTS en Auvergne, avec comme mission principale de créer un centre d’entraînement permanent, qui deviendra pôle espoirs en 1996.
Me voici débauché de ma Lorraine de cœur pour arriver en Auvergne en 1994. Un mois après mon arrivée en Auvergne, la DTN me propose d’intégrer la détection nationale féminine, en tant qu’entraîneur adjoint, pour en prendre ensuite la responsabilité jusqu’ en 1999.

Pouvez-vous nous présenter la Fédération auprès de laquelle vous êtes placé ?
La FFVB est une petite fédération, pleine de paradoxes et d’enjeux politiques. Une masse de licenciés stable depuis des années, mais qui ne progresse pas. Enormément de pratiquants hors de la fédération, une forte concurrence des fédérations affinitaires dites "loisirs" qui vont au-delà de leurs prérogatives. De très bons résultats en jeunes, que toutes les fédérations de sports co nous envient, mais une absence aux jeux de Pékin et Londres. Une forte volonté de se développer, mais une forte résistance aux changements dans les clubs, dans les instances...Beaucoup d’innovations, mais un manque de clarté ou de soutien dans les orientations politiques. En bref, la fédération du système D : "comment faire bien avec peu"...

Quels sont vos missions en tant que CTS ?
Coordonnateur de l’Equipe technique régionale, il s’agit là de décliner de manière effective le projet de développement régional et d’adapter régionalement les directives techniques nationales. Cela va de la formation des jeunes joueurs, entraîneurs, à la mise en place d’actions de développement et de soutien aux clubs. C’est donc un gros travail de préparation, de construction de projets, de relationnel, de persuasion, d’écoute afin de pouvoir répondre à tout le monde de manière collective et non individuelle. Et ensuite, une bonne partie de présence sur le terrain.
Coordonnateur du pôle espoirs féminin, c’est faire en sorte que la structure fonctionne correctement, évolue, en informant de manière permanente l’ensemble des intervenants (familles, établissements scolaires, partenaires institutionnels, joueuses...) ; résoudre au plus vite les problèmes, anticiper au maximum, suivre individuellement et quotidiennement les joueuses, préparer les entraînements chaque jour....Une grosse machinerie !
Actions de formations au niveau national, principalement sur les aspects du volley-ball scolaire et la formation des jeunes joueurs.

Pouvez-vous nous présenter le Ligue/Comité Régional en quelques chiffres ?
1200 licenciés, 20-24 clubs, 4 équipes au niveau national, 1 pôle espoirs, 3 sections sportives. La moitié des licenciés sont mineurs, la "presque" moitié des licenciés sont des licenciées féminines. Les problématiques qui en découlent sont donc complexes pour dénicher les entraîneurs et les bénévoles par exemple.

Quels sont les rôles respectifs de la Fédération et de votre Ligue/Comité Régional ?
La fédération aurait selon moi un rôle de guide, force de propositions, car elle ne peut pas intervenir localement. La fédération devrait être un soutien pour ses ligues, comités et clubs. Actuellement, les choses sont plus complexes que cela.
La ligue se doit d’être au plus proche des clubs, sans pour autant répondre par la positive à chaque demande farfelue qui n’a d’intérêt que pour le club qui le demande ! C’est à dire défendre l’intérêt général sans détruire les clubs en difficulté. La démocratie sportive est un exercice difficile, d’autant que nous nous adressons à des personnes bénévoles. Le plus complexe étant de faire comprendre que le bénévole, en dehors du fait qu’il soit bénévole, a des droits mais aussi des devoirs.

Quelles sont vos priorités en tant que CTS ?
"Faire tourner la boutique tous les jours", maintenir l’existant, suivre les objectifs au plus près et ne pas se disperser. Etre au service et à l’écoute, mais impartial. Faire comprendre aux gens qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi, et que chaque acte à des conséquences.

Quelles satisfactions la ligue/comité régional peut espérer à moyen terme ?Que le volley-ball grandisse et retrouve la place qu’il occupait à l’école, au collège, au lycée. Que l’Auvergne atteigne les 1500 licenciés d’ici les jeux de RIO.

Pour conclure, pouvez-vous nous dire quel est l’aspect le plus positif, et le plus négatif de votre métier ?
POSITIF :
Grande liberté de fonctionnement, d’initiative. Chaque jour est un jour nouveau ! Les projets nous renvoient toujours sur du possible que nous imaginons meilleur. Avoir la satisfaction d’être utile aux personnes, aux structures, de rendre service. Faire aboutir les objectifs, aussi minimes soient-ils.
Un large spectre d’actions.

NEGATIF :
Une grande liberté d’action qui induit une grande mobilité, un éventail horaire ou hebdomadaire très large également. Un grand nombre de secteurs à traiter, à faire avancer, ce qui parfois fait perdre en efficacité.
La relation humaine, source de tout projet, qui peut être très enrichissante et vecteur de réussite ; mais la relation humaine qui peut être un frein, et marquer un coup d’arrêt brutal à tout projet. Quand l’intérêt personnel dépasse l’intérêt collectif, et que le conflit va au détriment du projet, tout devient extrêmement complexe, voir insoluble.